Vietnam, terre de rencontres

Après notre coup de coeur pour le Laos, la deuxième entrée au Vietnam est marquée par une certitude: aussi beau que cela puisse être, nous ne pouvons pas nous contenter de consommer du paysage. Le voyage nous a jusqu'ici ébloui par les rencontres qui l'ont ponctué et ce retour au Vietnam nous l'a montré plus que jamais.

Après une nuit dans la jungle, rejoindre la frontière avec une quantité d'eau très limitée se révèle diffiicile. Les bornes kilométriques se succèdent doucement et nous finissons par 10km de montée sous un soleil de plomb pour finalement arriver à la frontière. Vous imaginez qu'on était content d'arriver ! Et pourtant, nous ne pouvons nous empêcher d'être tristes à l'idée de quitter le Laos. Après 50 jours, nos connaissances en Lao nous permettaient de mieux communiquer et les sourires des habitants, particulièrement des enfants, étaient pour nous le meilleur des carburants ! Le passage de la frontière est rapide et sans soucis. 2 coups de tampon et un tour de vélo couché pour un douanier plus tard, nous voilà au Vietnam.

Nous revivons en sens inverse le choc du notre première transition Vietnam-Laos. Côté lao: 50 km montagneux de végétation dense et inexplorée sur des "routes" approximatives; côté viet, des collines verdoyantes sillonées par des routes impeccables et des exploitations agricoles à perte de vue. Quel contraste ! On retrouve également les prix vietnamiens, presque deux fois inférieurs à ceux de son voisin: toujours aussi surprenant, étant donné que la pauvreté était bien plus présente au Laos.

Par contre, on retrouve avec grand plaisir la délicieuse cuisine vietnamienne. Pour notre premier soir, on mange des rouleaux de printemps en cuisine de rue, assis sur des petites chaises en plastique sur un trottoir. On nous apporte une myriade d'ingrédients: une sorte d'omelette aux pousses de soja, une salade de papaye, concombre et gingembre, une brochette de viande de porc, quelques feuilles de salades, ciboulette et coriandre et des feuilles de riz pour enrouler le tout; maintenant à nous de jouer ! On fait nos rouleaux comme des grands et c'est un véritable régal ! A ce moment là, le riz gluant du Laos ne nous manque pas le moins du monde !

Quelques jours plus tard, nous arrivons à Kon Tum, capitale de la province du même nom, dans les Hauts Plateaux du Centre du Vietnam. Alors que nous traversons la ville à vélo, on se fait accoster par un jeune vietnamien sur un fixie (vélo simple monté avec un pignon fixe). Celui-ci nous propose gratuitement d'être notre guide le temps de notre passage à Kon Tum.

Nous dînons donc avec lui et commençons à discuter. Il s'appelle Trung, a 15 ans et est d'une maturité déconcertante pour son âge. Il parle un anglais parfait qu'il a appris avec les voyageurs de passage dans sa ville, a un bel accent américain et souhaite partir aux Pays Bas pour ouvrir une cafétéria et exporter l'art de faire du café vietnamien. Une belle rencontre, on se voit aux Pays Bas dans quelques années !


Les bornes kilométriques se succèdent et vient le moment tant attendu: la rencontre de, H'mai, la filleule de Lucas. La veille de cette rencontre unique, de l'excitation et de l'appréhension. Allons-nous réussir à communiquer ? Ce parrainage est-il utile ? Sont-ils heureux malgré leur histoire difficile ?

Le jour J, tout cela disparait au moment même où la famille nous invite dans la maison, dans une ambiance familiale ou se mêlent gratitude et simplicité. Depuis ce jour, ce qui était au début un acte de charité s'est transformé en partage bilatéral et est devenu une vraie relation avec H'mai et sa famille.

Pour revivre le temps passé avec H'mai et sa famille, c'est en vidéo ici !

Cette rencontre est double, nous rencontrons H'mai ainsi que son peuple, les Jrai. Cette minorité ethnique opprimée a su conserver sa culture et ses traditions. Pendant 5 jours, nous avons partagé leur quotidien et sommes réellement tombés sous le charme de ces habitants. Leur plus grand plaisir a été de voir que non seulement nous pouvions vivre comme eux, mais que nous apprécions cela. Nous avons notamment mangé des fourmis rouges, participé aux danses traditionnelles et appris au maximum leur langue, que nous maitrisions bien mieux le Vietnamien à la fin de notre séjour chez eux ! Boni lu Jrai (merci beaucoup...) !

Ces moments passés auprès d'eux et les émotions que nous avons ressenties sont très difficiles à écrire et nous avons essayé de les faire passer au mieux dans cette vidéo: un des plus grands coups de coeur de V'asie roule.

Au bout de 5 jours vient le moment des au-revoir, toujours difficile. C'est à la fois grisant d'embrasser dans toute son ampleur l'Asie du Sud-Est et les belles actions qui y sont menées et frustrant de ne pas rester d'avantage aux côtés de ceux qui nous touchent et nous bouleversent. Mais au moment où nous sommes parfaitement intégrés, où nous commençons à communiquer en Jrai, notre visa expire dans moins de 10 jours et nous avons près de 700 kilomètres de route avant d'arriver au Cambodge.

Quelques jours plus tard, nous arrivons à Buon Ma Thuot, la capitale de la province du Dak Lak, plus grande ville des Hauts Plateaux du Centre du Vietnam, et réputée dans la région pour son café. Toujours impressionnés par le contraste rural - urbain, nous cherchons une guesthouse pour passer la nuit. Notre première tentative est très loin au-dessus de notre budget et nous continuons nos recherches jusqu'à une deuxième au coût plus raisonnable. Malheureusement, on nous annonce qu'il n'y a plus de chambre à bas prix et nous allons partir quand le patron de l'hôtel nous aperçoit et court vers nous pour prendre des photos de nos vélos ! Il se trouve que c'est un cycliste vietnamien et qu'il part régulièrement pour des sorties de 1000km en 15 jours au Cambodge avec son club, pas mal !! Il parle un français très correct et nous propose une chambre plus haut de gamme pour un très bon prix. Nous continuons à discuter et celui-ci nous apprend que la frontière par laquelle nous comptons passer est maintenant fermée aux étrangers. Nous voici donc à quelques jours de l'expiration de notre visa et contraints de faire 300 km supplémentaires, il ne va pas falloir traîner ! Il nous indique la route pour les jours qui suivent et les endroits où dormir, impossibles à trouver sur nos cartes. C'est à ce moment-là qu'un autre cyclo voyageur débarque et demande une chambre ! On l'accueille avec plaisir dans la nôtre, initialement prévue pour 3 personnes: solidarité de cyclistes ! Jérémy est parti il y a 11 mois de Lille pour rejoindre l'Asie du Sud-Est à vélo, il nous raconte son périple et cela nous donne envie de rentrer à vélo même si ce n'est pas possible ! Impossible de faire de la route ensemble cette fois ci puisque nous courrons après le temps, mais ce n'est que partie remise puisque l'on se reverra dans quelques semaines au Cambodge !

On continue notre route et traversons les dernières montagnes de notre périple qui commencent déjà à devenir des collines. Nous sommes à quelques jours du Têt, le nouvel an vietnamien, fête la plus populaire et la plus importante du calendrier. Cet évènement marque la fin d'une année lunaire et le premier jour de l'année est d'une importance cruciale pour les vietnamiens: tout ce qui se dit et se fait ce jour-là influence le reste de l’année. Malheureusement notre visa expire la veille du Têt et nous raterons ce jour, même si déjà nous ressentons l'ambiance particulière des jours qui le précèdent.

Tout le pays est en congé pendant 3 jours et la plupart des vietnamiens retournent dans leur ville d'origine pendant 2, 3 voire même 4 semaines ! Par conséquent, les routes sont bondées et l'ambiance est festive dans tous les villages ! Cela rend notre mission pour rejoindre le Cambodge plus difficile, entre la circulation et les habitants qui nous proposent tous de venir boire un coup à la maison. Un soir alors que nous travaillons sur nos vidéos, on vient même frapper à la porte de notre chambre pour partager un verre, puis un autre, pour finalement finir dans un karaoké, très populaire en Asie du Sud-Est: ok pour cette fois !

Le lendemain, une mésaventure d'un autre genre nous arrive. Nous continuons à emprunter la route conseillée par le cycliste et patron de l'hôtel de Buon Ma Thuot et nous longeons la frontière Vietnam-Cambodge en croisant de beaux panneaux "Border Belt" très régulièrement. Mais à la fin d'une journée de montée, nous sommes arrêtés par un douanier, qui va légèrement contrecarrer nos plans...

Celui-ci ne veut nous laisser passer sous aucun prétexte, déclarant que nous sommes dans une "zone frontalière interdite" et après de nombreuses négociations, au coucher du soleil, nous voilà contraints de faire demi-tour et surtout de rajouter 150 km de détour à notre parcours vers le Cambodge.

Nous avons alors 3 jours pour faire pas loin de 400km, ça devient compliqué. Nous apprendrons plus tard que cette frontière est une zone de conflit sur les limites frontalières entre le Vietnam et le Cambodge et c'est sûrement pour cela que nous n'avons pas été autorisés à passer. Sur le coup, obligé de faire 20km en arrière le jour même, sur piste, dans la nuit, poursuivis par des chiens tous les 50m et sans certitude de trouver un endroit où dormir, nous sommes loins, très loins d'être compréhensifs à l'égard de ce maudit douanier.

Nos 3 derniers jours au Vietnam sont donc passés sur les routes, qui s'applatissent au fur et à mesure que l'on s'approche du Cambodge. Dans cette partie du Sud du Vietnam, les exploitations agricoles et leur lignes géométriques s'étendent à perte de vue. Parfois, au milieu de ces lignes, des lianes courent sur un arbre immense et majestueux qui se dresse dans les cultures tel un épis insoumis sur une tête mal coiffée. Nous fonçons à travers cette campagne pour ne pas dépasser notre période de 15 jours imposée par notre visa.

Après de nombreux kilomètres avalés trop rapidement, nous finissons par arriver à la frontière Cambodgienne à temps, le dernier jour de notre visa. Nous voici alors partis pour 2 mois au Cambodge, 5 centres Enfants du Mékong et encore de magnifiques rencontres en perspective ...




ENGLISH

The second entry in Vietnam is marked by a certainty: as beautiful as it can be, we can not just content ourselves with the landscape. The trip has so far moved us with the encounters that punctuated it and this return to Vietnam has shown that to us more than ever.

After a night in the jungle, joining the border with a very limited amount of water is very difficult. The kilometer markers succeed one another slowly and we finish by 10km of climb under a lead sun to finally reach the border. You can imagine that we were happy to arrive! And yet we were also sad at the thought of leaving Laos. After 50 days, our knowledge in Lao allowed us to communicate better and the smiles of the inhabitants, especially the children, were for us the best fuel! The border crossing is fast and carefree. 2 strokes of stamp and a bike ride for a customs officer later, here we are in Vietnam.

We revive in the opposite direction the shock of our first Vietnam-Laos transition. Lao side: 50 km of dense vegetation and unexplored on approximate roads; Viet side, verdant hills furrowed by impeccable roads and farms as far as the eye can see. What a contrast! There are also Vietnamese prices, almost two times lower than those of its neighbor: always surprising when we know that poverty was much more present in Laos.

On the other hand, we find great pleasure with the delicious Vietnamese cuisine. For our first night, we eat spring rolls in the street, sitting on small plastic chairs on a sidewalk. They bring a myriad of ingredients: a kind of omelet with soy shoots, a papaya salad, cucumber and ginger, a skewer of pork, a few leaves of salads, chives and coriander and leaves of rice to roll

Now let's roll! We make our rolls like big ones and it's a real treat! At that time, the sticky rice of Laos does not miss us in the least!

A few days later, we arrive at Kon Tum, capital of the province of the same name, in Central Vietnam. As we cycle through the city, we are accosted by a young Vietnamese on a fixie (single bicycle mounted with a fixed pinion). This one offers for free to be our guide during the time of our passage to Kon Tum. .

We have dinner together and begin to discuss. His name is Trung, is 15 years old and is vey mature. He speaks perfectly English that he has learned with passing travelers in his city, has a beautiful American accent and wants to go to the Netherlands to open a cafeteria and export the art of making Vietnamese coffee. A nice meeting, we will see each other in the Netherlands in a few years!


The kilometric markers go fast and comes the awaited moment: the meeting of H'mai, the goddaughter of Lucas. The eve of this unique encounter, excitement and apprehension. Will we succeed in communicating? Is this sponsorship useful? Are they happy despite their difficult history?

On D-Day, all this disappears at the very moment when the family invites us into the house, in a family atmosphere where gratitude and simplicity blend. Since that day, what was initially an act of charity has turned into a two-way sharing and has become a true relationship with H'mai and her family.To relive the time spent with H'mai and his family, it's in video here !

This meeting is double, we meet H'mai and her people, the Jrai. This oppressed ethnic minority has maintained its culture and traditions. For 5 days, we shared their daily life and really fell under the spell of these inhabitants. Their greatest pleasure was to see that we not only could live like them but that we appreciate that. In particular, we ate red ants, participated in the traditional dances and learned their language ! Boni lu Jrai (thanks a lot ...)! The moments we spent with them and the emotions we felt are very difficult to write and we tried to make them better in this video: one of the biggest favorites of V'asie roule

.After 5 days comes the moment of good-bye, always difficult. It is both exhilarating to embrace South-East Asia and the beautiful actions that are being carried out there and frustrating not to stay further beside those who moved us so much. But when we are perfectly integrated, when we begin to communicate in Jrai, our visa expires in less than 10 days and we have about 700 kilometers of road before arriving in Cambodia.

A few days later, we arrive in Buon Ma Thuot, the capital of the Dak Lak province, the largest city in this area of Vietnam, and renowned for its coffee in the region. Always impressed by the rural - urban contrast, we are looking for a guesthouse to spend the night. Our first attempt is very far above our budget and we continue our research until a second at a most reasonable cost. Unfortunately, we are told that there is no more room at low prices and we are leaving when the boss of the hotel sees us and runs to us to take pictures of our bikes! It turns out that it is a Vietnamese cyclist and that it regularly leaves for exits of 1000km in 15 days in Cambodia with its club, not bad !! He speaks a very good French and offers us a higher end room for a very good price. We are continuing to discuss and this one informs us that the border by which we intend to pass is now closed to foreigners. So here we are a few days from the expiration of our visa and forced to do another 300 km, it will not have to drag! He tells us the route for the days that follow and the places to sleep, impossible to find on our maps. That's when another cyclo traveler arrives and asks for a room! It is welcomed with pleasure in ours, originally planned for 3 people: solidarity of cyclists! Jérémy left 11 months ago from Lille to join Southeast Asia by bike, he tells us his journey and it makes us want to go back to France cycling even if it is not possible! Impossible to make the road together this time since we run after time, but this is only partly postponed since we will meet in a few weeks in Cambodia!

We continue our way and cross the last mountains of our journey that are already beginning to become hills. We are just a few days away from Tet, the Vietnamese New Year, the most popular and most important festival on the calendar. This event marks the end of a lunar year and the first day of the year is crucial for the Vietnamese: everything that is said and done that day influences the rest of the year. Unfortunately our visa expires on the eve of Tet and we will miss this day, even if we already feel the peculiar atmosphere of the days that precede it.

The whole country has hollidays for 3 days and most of the Vietnamese return to their hometown for 2, 3 or even 4 weeks! Consequently, the roads are crowded and the atmosphere is festive in all the villages! This makes our mission to reach Cambodia more difficult, between traffic and the inhabitants who all offer us to come and drink a shot at home. One evening while we are working on our videos, they even knock on the door of our room to share a drink, then another, finally ending in a karaoke, very popular in Southeast Asia: ok for this time!

The next day, a misfortune of another kind happens to us. We continue on the road recommended by the cyclist and boss of the hotel of Buon Ma Thuot and we go next the border Vietnam-Cambodia crossing beautiful panels "Border Belt" very regularly. But at the end of a day of climb, we are stopped by a customs officer, who will slightly thwart our plans ...

This one does not want to let us pass, declaring that we are in a "prohibited border zone" and after many negotiations, at sunset, we are forced to turn around and especially to add 150 km to our way to Cambodia. We have 3 days to do not far from 400km, it becomes complicated. We will learn later that this border is a zone of conflict on the border between Vietnam and Cambodia and that is probably why we were not allowed to pass. On the spot, we had to go 20 km back on the same day, on track, in the night, pursued by dogs every 50m and without being sure to find a place to sleep, we are far, far from being understanding to the this customs officer.

Our last 3 days in Vietnam are thus passed on the roads, which are flattening as we approach Cambodia. In this part of South Vietnam, farms and their geometric lines stretch as far as the eye can see. Sometimes, in the middle of these lines, creepers run on an immense and majestic tree that stands in cultures like an uncared spikes on a badly capped head. We are working through this campaign not to exceed our 15-day period imposed by our visa.

After many kilometers done too quickly, we finally arrive at the Cambodian border in time, the last day of our visa. We then left for 2 months in Cambodia, 5 Centers of Enfants du Mékong and still magnificent meetings in perspective ...


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